Les rythmes scolaires à Paris? notre argumentaire face au Conseil de Paris

visuel_rythmes_n&b_qe - copieLe fait d’être auditionné par formation syndicale représentative, l’une après l’autre et non toutes ensembles, par deux membres de chaque formation politique au conseil de Paris, nous a paru plus adapté à la réalité du terrain. Cela n’indique en aucune façon une faille dans notre unité syndicale. En effet, Nous demandons tous au Maire de Paris, et à l’ensemble de ses conseillers, de choisir de prendre le temps de la mise en œuvre de la réforme en la reportant à 2014.

Nous sommes un syndicat réformiste et travaillons en liaison étroite (par le biais de notre Union, l’Unsa) avec les personnels de la Ville en l’occurrence, les pvp, les surveillants animateurs et les asem/ate/gardien. Nous nous rassemblons sur l’idée qu’il faille changer l’aménagement du temps scolaire et que le temps périscolaire doit s’améliorer. Cette demande de report n’est en aucun cas, un prétexte pour ne rien changer, bien au contraire !

Selon nous, le débat actuel sur les « rythmes scolaires » est faussé : le décret qui contraint nos discussions tant sur l’amplitude horaire de la journée que sur la place d’une ½ journée supplémentaire, met l’école dans l’obligation de se caler sur les décisions de la municipalité à laquelle elle appartient, surtout dans les grandes villes, a fortiori Paris qui concerne 130000 élèves.
Alors comme préalable à la nécessaire réforme de ce temps scolaire qui nous incombe en tant qu’enseignant, le Maire de Paris doit annoncer de manière franche le report de la mise en œuvre à 2014 à défaut d’abrogation de ce décret qui relève de la seule compétence du Ministre.

Pourquoi ce report est-il nécessaire? Parce que nous pensons que pour un changement réussi, et nous avons tout intérêt à ce que cela le soit, il faut :
– des journées équilibrées et raccourcies et mieux réparties sur l’année, ce qui ne sera pas le cas, bien au contraire (mercredi en plus en grande collectivité)
– que le choix du samedi ou mercredi réel
– que si le périscolaire incombant aux animateurs sur le temps libéré doit être de qualité, ils doivent le temps d’être recrutés en nombre et formés. Ce qui est numériquement impossible.
– une ASEM par classe en Maternelle pour y mener un travail auprès des élèves en collaboration avec les enseignants,
– que le temps périscolaire existant doit atteindre une qualité qu’il n’a pas à ce jour (taux d’encadrement, remplaçant, animateur au lieu de surveillant)
-que les personnels des CAS (ressources humaines) soient en nombre suffisant.

Même si certaines assertions ne semblent pas relever de notre champ de compétence en tant qu’enseignant, c’est que nous savons que si lorsque les élèves ne se sentent pas en « sécurité » sur les temps qui entourent nos enseignements, ils ne sont plus disponibles pour ce qu’on leur enseigne. Cela est particulièrement vérifiable pour les plus fragiles d’entre eux, or l’objectif du décret n’est-il pas de continuer à réduire les inégalités et d’aider tous les élèves ?

Tout cela n’est absolument pas une question de moyens financiers, nous savons parfaitement que l’argent y est, mais bien de moyens humains. Techniquement, les affirmations des dirigeants de la Mairie sont en contradiction avec les personnels des services qui planchent sans relâche depuis bien longtemps en réalité. De plus, passer la réforme contre la grande majorité des enseignants n’est pas garantir sa réussite.

La Mairie a toujours voulu s’afficher au côté des enseignants ? Qu’elle leur fasse confiance en se reportant à leur analyse et leur proposition pour que d’autres rythmes soient trouvés. Ce gage de confiance, elle le montrera en reportant en 2014 la mise en œuvre.

Pour finir, en quoi est-ce une bonne idée de se lancer en 2013 sur un mode de fonctionnement qui sera remis en cause en 2015 si on met à plat la répartition sur l’année, comme le souhaite le Ministre ? Allons-nous changer l’organisation de l’Ecole tous les deux ans ?

Je vous remercie d’avoir pris ce temps de nous entendre, nous sommes convaincus de la nécessité de revoir les rythmes tant scolaires que péri scolaires de nos enfants, mais sans précipitation et après expertise de tous les volets de cette révolution.

Benjamin Devaux pour l’équipe parisienne du SE-Unsa

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4 Réponses

  1. […] lisez notre argumentaire face aux conseillers municipaux , soutenu le 7 […]

  2. […] Les rythmes scolaires à Paris? notre argumentaire face au Conseil de Paris […]

  3. Enseignant retraité, DDEN je tiens à renouveler mon désaccord avec la position de refus de la réforme des rythmes scolaire

    • Le SE-UNSA Paris n’est pas contre réformer les rythmes scolaires mais contre le décret qui n’améliore en rien la journée de l’enfant.

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